Ci-après une copie de l'article que j'ai rédigé pour le quotidien aquitain
"La Finance responsable ?"
Ce titre suggère plutôt le mariage de la carpe et du lapin. A contre courant de l'humeur ambiante, voici trois exemples pour ne pas désespérer de la finance et des marchés, et ainsi, éviter de jeter le bébé avec l'eau du bain.
La Finance Carbone. Nous avons pris conscience depuis quelques temps de la nécessité de contenir les émissions de gaz à effet de serre. Le système des "bonus-malus" écologiques automobiles et autres taxes carbone a fait école. En revanche, on sait moins que depuis plusieurs années existent des marchés financiers où l'on échange la tonne de bioxyde de carbone(www.bluenext.fr). Le principe est assez simple : en Europe chaque industrie polluante se voit attribuer des quotas de pollution. Une entreprise existante qui augmente son activité et par là même sa pollution, mais aussi toute nouvelle installation d'industrie polluante ne pourront se faire sans détention de droits à polluer. Ces derniers devront être repris, rachetés à des entreprises qui souhaitent les céder, le plus souvent parce qu'elles ont mis un œuvre un procédé nouveau moins polluant. Au final, ce système vise à accepter la croissance sans pollution supplémentaire, voire avec une émission de carbone plus faible.
La gouvernance des mid-caps. Ce sont sociétés de taille réduite ou moyenne qui sont cotées en bourse. Notre région affiche une vingtaine de ces pépites dont le siège est en Aquitaine. Nous suivons leur actualité au travers de l'Observatoire Régional des Entreprises Cotées d'Aquitaine (Oreca!). Ce dernier affiche à son actif le premier indice boursier régional diffusé chaque mois par l'ensemble des medias aquitains. Nous espérons ici contribuer à la véritable fonction de la bourse : assurer le financement de la croissance de ces sociétés, favoriser leur évaluation et la mobilité de leur capital. C'est vrai en période "normale", cela le reste lorsque les cours sont martyrisés.
Quoi qu'il en soit, la réglementation et les efforts consentis pas ces entreprises pour informer leurs partenaires économiques et financiers permettent chaque année à Ernst & Young d'établir une notation de la gouvernance et de la responsabilité sociale. (www.ey.com/fr)
De même, Bem accueille en son sein la délégation régionale de l'Institut Français des Administrateurs. Cet organisme national favorise la participation d'administrateurs indépendants au sein des conseils d'administration des entreprises, organise des rencontres pour le partage des expériences et faire le point sur différents domaines d'expertise ( www.ifa-asso.org)
Comment soutenir les entreprises de notre région ? On connaît depuis des années les expériences des Sociétés de Développement Régional, et autres fonds d'investissement régionaux. Ce qui a donné satisfaction au niveau des fonds propres (Expanso, Foncière d'Aquitaine, GaliaGestion, etc..) devrait pouvoir être décalqué pour des placements à court terme, dont la souscription serait ouverte au public.
Nous savons que l'une des difficultés principales que devront surmonter les entreprises dans les mois à venir, sera la quête de la trésorerie, sans laquelle elles ne pourront survivre. Cet investissement procurerait aux Aquitains l'opportunité de contribuer à l'irrigation de l'économie locale et de s'afficher en tant qu'investisseurs responsables, tout en prenant des risques mesurés. Il ne semble pas insurmontable de mettre en place un fonds d'investissement monétaire, du type SICAV ou FCP, dont la collecte, assurée auprès des aquitains, irait en priorité alimenter la trésorerie des entreprises de la région.
Cette initiative serait une occasion unique de réunir, voire de réconcilier, l'association naturelle "épargnant-banquier-entreprise". Nous en avons bien besoin …
